Un chatbot peut-il commettre un meurtre ? La réponse courte est non. La réponse longue est qu’il peut influencer un utilisateur en détresse émotionnelle à passer à l’acte. En réalité : il l’a déjà fait.
Mais comment continuer à utiliser cette technologie à la portée de tous, sans la diaboliser et sans en devenir victime ? Probablement de la même manière dont on conduit une voiture : on sait qu’elle peut tuer, mais on ne commet pas d’accident parce qu’on connaît le code de la route, qu’on le respecte et qu’on reste vigilant.
C’est ainsi que nous devons apprendre, et enseigner aux enfants, à naviguer dans l’univers de l’IA. Et tout comme pour le permis de conduire, il faut savoir demander l’aide d’un instructeur lorsqu’on n’a pas les connaissances techniques pour maîtriser le véhicule.
Mais dans ce monde virtuel, qui est l’instructeur ?
Qui détient les réponses à nos peurs ?
C’est le psychologue. Pour y voir clair, nous avons synthétisé l’expertise de Tom Van Daele, PhD, psychologue clinicien et expert en technologies.
L’illusion du miroir : Pourquoi l’IA n’est pas votre amie
Le premier danger de ChatGPT est sa capacité à imiter l’empathie, rappelle Tom Van Daele.
ChatGPT prétend être empathique, mais les programmes informatiques n’ont ni sentiments, ni émotions. Voilà pourquoi, pour les cas complexes et les problèmes graves tels que traumatismes, les abus ou les psychoses, il ne faut pas s’adresser à ChatGPT, mais à un professionnel de la santé.
Parce que l’IA nous parle « bien », nous baissons la garde.
Contrairement à un thérapeute qui peut s’opposer à vous pour vous faire avancer, l’IA est trop conciliante. Elle a tendance à confirmer vos propres biais.
Cette absence de confrontation est confortable, mais elle empêche tout réel progrès thérapeutique. En cas de traumatismes profonds, d’abus ou de troubles graves, l’IA est strictement déconseillée : elle n’a pas le jugement clinique nécessaire pour poser un diagnostic.
Un assistant de vie, pas un confident secret
Tout n’est pas noir pour autant. Si on respecte le « code de la route », l’IA peut être un outil pratique :
Aide à la formulation : Elle aide à mettre des mots sur ses émotions ou à rédiger un message délicat.
Journal interactif : Elle est disponible 24h/24 pour « débloquer » une pensée avant d’en parler à un humain.
Conseils pratiques : Elle excelle pour suggérer des exercices de respiration ou des astuces contre le blues hivernal.
Le crash test de la vie privée
Attention : contrairement à un psychologue, un robot n’a pas de secret professionnel. Vos confidences servent à entraîner les algorithmes d’OpenAI.
Pire encore, suite à une décision de justice de mai 2025, vos données peuvent être conservées indéfiniment à des fins légales, même si vous pensez les avoir supprimées. Votre « journal intime » numérique appartient en réalité à une multinationale.
Réflexes SafeKids pour une navigation sécurisée
Pour utiliser l’IA sans faire d’accident, voici nos règles de base :
1. Anonymisez tout : Ne donnez jamais de noms, d’adresses ou de détails identifiables.
2. Verrouillez les réglages : Désactivez l’option d’entraînement des données dans les paramètres.
3. Gardez l’humain comme priorité : L’IA peut être un premier pas pour « débloquer » des mots, mais elle ne remplacera jamais l’écoute, l’analyse et l’humanité d’un professionnel de la santé.
En résumé : L’IA est un véhicule puissant. Apprenez à vos enfants à rester sur le siège conducteur, sans jamais confier les clés de leur jardin secret à un algorithme.
Source : Synthèse basée sur l’expertise de Tom Van Daele, PhD (Groupe de recherche « Homme et Bien-être »). En tant que psychologue clinicien, il mène des recherches sur la valeur ajoutée de la technologie dans le domaine de la santé mentale.



Laisser un commentaire